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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 12:31

 

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  «Le football est censé rassembler les gens et notre jeu ne doit pas être mélangé avec la politique» le président de l'UEFA, a regretté le chaos de Belgrade. Les incidents qui ont émaillé le match Serbie-Albanie mardi 14 octobre, et, les violences à l'Allianz Riviera ce week-end ont un point commun; ils mêlent football et politique. Le football facteur d'unité en théorie, peut parfois montrer ses limites.

 

Mardi soir, le match classé à "haut-risque" par l'UEFA, opposant la Serbie à l'Albanie et comptant pour les qualifications à l'Euro 2016 dégénère à la 41e minute. Lorsqu'un drone, tirant un drapeau de la Grande Albanie fait irruption dans le stade. L'emblème national est arraché par Stefan Mitrovic, le défenseur serbe. S'ensuit une bagarre générale, les joueurs albanais sont escortés jusqu'aux vestiaires, l'arbitre décide d'arrêter -à juste titre- la rencontre. Les images montrent des scènes d'une rare violence, le lendemain, la stupéfaction fait place aux réactions, l'UEFA ouvre une enquête à l'encontre des deux fédérations.

 

Même son de cloche en France cette fois. La victoire de Bastia face à Nice (0-1) a été entachée d'incidents en fin de rencontre opposant supporters niçois et joueurs corses. Tout commence par l'arrêté pris par la préfecture des Alpes-Maritimes prohibant tous les accessoires «  à l'effigie de la Corse ou d'un club sportif corse », et interdisant le déplacement des supporters corses à l'Allianz Riviera. La tension monte tout au long de la semaine entre les deux partis pour aboutir au geste mal placé du second gardien du SC-Bastia, Jean-Louis Leca. Ce dernier brandit, peu de temps après le coup de sifflet final, un drapeau corse devant la Tribune Populaire Sud de Nice. L'envahissement du terrain provoque des violences, les forces de l'ordre sont amenés à intervenir, quatre individus sont interpellés.

 

«Monsieur le Préfet des Alpes Maritimes... Rien ne nous arrête ! »

 

Le plus triste dans ces deux histoires, c'est l'intrusion du politique dans le football.

Concernant le cas français, les pouvoirs publics en prenant un arrêté interdisant les signes "corses" dans une ville tout entière ont fait preuve d'irresponsabilité. Cette interdiction était trop générale, de plus, elle met le feu aux poudres incitant des gestes tels que celui de Leca. Les réactions sont tout autant condamnables, les deux partis se renvoyant la balle. Le capitaine niçois, Digard, affirmant que «les supporters niçois ont été exemplaires ». De l'autre côté le maire de Bastia Gilles Siméoni postant un tweet puéril «Monsieur le Préfet des Alpes Maritimes... Rien ne nous arrête ! ».


A l'autre bout de l'Europe, les incidents de Belgrade n'ont fait qu'exacerber les tensions entre la Serbie et l'Albanie, déjà bien vif du fait de la question du Kosovo. Le drapeau au centre de la discorde est celui de la Grande Albanie, un concept territorial utopiste qui étendrait l'Albanie sur une partie du sud de la Serbie. Il est difficile de comprendre comment cette rencontre a pu se dérouler avec autant de haine de part et d'autre. Ironie du sort, c'est à Nice que le tirage au sort des éliminatoires pour l'Euro 2016 s'est déroulé, plusieurs équipes dont l'Arménie et l'Azerbaidjan étaient exclues de se rencontrer justement pour des raisons politiques.

L'histoire rocambolesque continue puisque le ministre de l'Intérieur serbe accuse le frère du Premier ministre albanais Edi Rama d'avoir piloté le drone d'une des loges du stade de Belgrade. L'incident prend des proportions tel qu'Edi Rama, a décidé d'annuler sa visite prévue de longue date, le 22 octobre en Serbie. Inquiétant!

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commentaires

E
Bien écirt, merci.
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4
On les traite comme des héros, mais les héros sont ailleurs.... :o\
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